Road trip en Tasmanie : 1ère partie

La Tasmanie n’est pas une très grande île. Légèrement plus petite que l’Irlande, elle a néanmoins une diversité de paysages incroyable et unique. Pendant les deux semaines que j’y ai passé, elle m’a parfois fait penser au Canada ; deux heures plus tard on aurait dit la Suisse ; plus loin cela ressemblait au sud de la France et tout d’un coup je me croyais chez moi en Bretagne. Mais malgré tout cela cette île est aussi à 100% australienne. Tous ces contrastes rendent une visite en Tasmanie inoubliable, que vous soyez passionné de nature, de gastronomie, d’histoire ou de culture. La meilleure façon d’en faire le tour est de partir en road trip, car il est très facile de camper en « Tassie », le surnom de la Tasmanie.

Depuis Devonport (port d’arrivée du ferry de Melbourne) à la côte est, puis par Hobart, Cradle Mountain et retour, suivez-moi pour deux semaines de bonheur à explorer les principales attractions de Tasmanie, avec aussi mes endroits préférés pour camper un peu partout sur l’île. Vous comptez rester plus longtemps ? Je vous donnerai quelques suggestions sur des endroits que je n’ai pas visités moi-même mais que vous pourriez intégrer à votre voyage. C’est parti pour un voyage que vous n’oublierez jamais !

📷 Pour plus de photos, allez voir mes galerie d’images sur la Tasmanie : première partie et seconde partie.

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Introduction à la Tasmanie

Saviez-vous que la Tasmanie était autrefois reliée à l’Australie ? Elle est devenue une île il y a « seulement » 10 000 ans, à la fin de la dernière ère glaciaire. Pour s’y rendre de nos jours, il y a 2 options : l’avion (les principaux aéroports se trouvent à Hobart et Launceston) ou le ferry entre Melbourne et Devonport. La traversée dure environ 9 heures, et avec un peu de chance vous verrez peut-être des dauphins sauter dans les vagues autour du bateau.

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Avant de partir pour la Tasmanie, il faut garder en tête que chaque visiteur est soumis à une stricte quarantaine. Chaque véhicule sera examiné avant d’embarquer. Il est formellement  interdit d’amener des fruits frais, des légumes, du miel, du poisson… La liste complète des produits acceptés ou interdits se trouve ici (lien en anglais). Toutes ces règles ont été établies pour éviter que des maladies soient épandues sur l’île qui est très fragile d’un  point de vue écologique. La population de son animal fétiche, le diable de Tasmanie, a ainsi été réduit de 70% ces 30 dernières années à cause d’une tumeur faciale, et le tigre de Tasmanie est éteint depuis 1936.

 

Les aborigènes vivaient en Tasmanie depuis 40 000 ans, mais il a fallu attendre 1642 pour que le premier Européen, l’explorateur néerlandais Abel Tasman, ne navigue au large de ses côtes. Il l’appela « Van Diemen’s Land », en l’honneur d’Anthony Van Diemen, gouverneur général des Indes orientales néerlandaises qui l’avait envoyé explorer cette partie du monde. Le nom fut changé en Tasmanie en 1856. Au début du 19e siècle, craignant une colonisation par les Français, le gouverneur britannique de la Nouvelle Galles du Sud, à l’époque la seule implantation européenne en Australie, décida d’envoyer une expédition en Tasmanie. Hobart fut créée en 1804, ce qui en fait la deuxième plus ancienne ville d’Australie après Sydney. Vous en apprendrez plus sur ces premiers colons dans la seconde partie de cet article.

Aujourd’hui, la population de Tasmanie s’élève à plus de 500 000 personnes. C’est une destination de vacances très prisée des Australiens et des étrangers. Le meilleur moment pour s’y rendre est pendant l’été, entre décembre et février ; idéalement fin janvier lorsque les vacances scolaires australiennes se terminent et que la plupart des familles rentrent à Melbourne ou Sydney. C’est aussi une bonne destination hivernale avec quelques stations de ski, mais m’y étant rendu uniquement en été je n’en parlerai pas plus ici.

Si vous voulez faire le tour de l’île, prévoyez au moins deux semaines, mais un mois entier ne serait pas de trop tellement il y a d’endroits magnifiques à visiter ! C’est le paradis des randonneurs : il y a des sentiers partout et le service des Parcs et de la Faune sauvage de Tasmanie a établi une liste des 60 plus belles balades de l’île (lien en anglais). J’indiquerai le numéro de chacune d’entre elles quand j’y ferai référence. Bon à savoir également : l’entrée des (très nombreux) parcs nationaux est payante et coûte 24 dollars par jour. Vendu 60$ par véhicule, le « Holiday Pass » valable pendant 8 semaines s’avère très vite plus avantageux.

Cet article débute à Devonport, à l’arrivée du ferry. La première partie vous amènera sur la côte est, au parc national de Freycinet et sur la péninsule de Tasman, tandis que la deuxième partie sera consacrée à Hobart, le sud, Cradle Mountain et le nord-ouest. J’espère que ce voyage vous plaira autant qu’à moi !

Le nord-est

Combien de temps y passer :

2 jours, 3 si vous incluez le parc national Ben Lomond.

Ce qu’il faut voir :

La Tasmanie est célèbre pour sa riche gastronomie, alors pourquoi ne pas commencer ce road trip par une dégustation de vin ? A l’est de Devonport, près de la rivière Tamar, vous trouverez de nombreux domaines viticoles, la plupart proposant des dégustations gratuites. Mon préféré : Oak Holm, un vignoble pas très facile à trouver un peu à l’écart de la route principale mais des vins tellement bons ! Attention à ne pas oublier l’adage toutefois : boire ou conduire, il faut choisir !

 

De là vous serez tout près de George Town, la deuxième plus ancienne colonie de Tasmanie et la troisième plus ancienne ville d’Australie, puisqu’elle a été créée peu de temps après Hobart en 1804. A Low Head, au bout de la route, vous profiterez d’une jolie vue depuis le phare, et vous apercevrez peut-être même des pingouins qui se cachent dans le coin… si vous regardez attentivement.

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Pour le 2ème jour, dirigez-vous vers l’est et arrêtez-vous à la cascade de St-Columba (rando n° 49) ; avec ses 90m c’est l’une des plus hautes de Tasmanie. Les quelques heures de voiture jusqu’à la côte vous donneront un bon aperçu de la diversité de l’île : vous traverserez des collines à l’air très alpin, de vastes prairies et même les restes de la forêt tropical qui recouvrait autrefois toute l’île.

 

Sur la côte nord-est ne manquez pas la belle Bay Of Fires. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le nom ne vient pas de la couleur rouge du lichen sur les rochers, mais des feux que les aborigènes allumaient près du littoral et que les explorateurs européens voyaient depuis leurs bateaux quand ils naviguaient dans ces eaux.

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Où dormir :

A mi-chemin entre George Town et Launceston se trouve Lilydale où vous aurez accès à un joli camping gratuit. Sur place, un espace grillades abrité, des toilettes et même une cheminée pour faire du feu, et à tout juste 10 minutes à pied deux jolies petites cascades. Avec de la chance vous aurez droit à un coucher de soleil aussi spectaculaire que celui ci-dessous !

 

Au niveau de la Bay Of Fires, juste au-dessus de Binalong Bay se trouvent plusieurs campings rudimentaires, tous gratuits mais aussi très prisés. En haute saison il sera sans doute difficile de trouver une place mais avec un peu de chance vous tomberez sur un spot au bord de la mer, vous vous endormirez bercés par le bruit des vagues et au réveil vous pourrez admirer le lever du soleil… Joli programme, non ?

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Vous avez un peu plus de temps ?

A l’est de Launceston, le parc national de Ben Lomond est constitué d’un plateau d’une altitude d’environ 1300m, avec un sommet qui culmine à 1572 m (Legges Tor, le deuxième point le plus élevé de Tasmanie). Plus d’informations ici (lien en anglais).

La côte est et le parc national de Freycinet

Combien de temps y passer :

2 jours, plus si vous faites le circuit de la péninsule de Freycinet, jusqu’à une semaine si vous passez aussi par Maria Island.

Ce qu’il faut voir :

bicheno-blowholeLa route qui longe la côte au sud de la Bay Of Fires en direction du parc national de Freycinet est superbe. Prenez votre temps pour bien profiter des nombreux points de vue ! Arrêtez-vous également à Bicheno pour y admirer les impressionnants « blowholes », trous dans les rochers où l’eau s’engouffre pour former de véritables geysers. Juste avant Bicheno, prélassez-vous à la plage et rejoignez à pied l’île de Diamond Island, reliée à la terre ferme par marée basse. N’essayez pas de le faire à marée haute car le courant y est très dangereux, un couple de touristes s’est noyé ici il y a quelques années.

C’est aussi une région propice à l’observation des pingouins dans la soirée. Mais si vous restez pour les observer, assurez-vous de vous réveiller assez tôt le lendemain car il ne faut pas arriver trop tard au parc national de Freycinet. L’endroit est très populaire, et les places de parking sont rares ! C’est dans ce parc que vous trouverez la célèbre Wineglass Bay, dont le nom vient de sa forme naturelle parfaite : vue du ciel, elle ressemble à un verre à vin.

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Vous pouvez marcher jusqu’à la baie en passant par un beau point de vue (rando n° 55), mais je vous conseillerais plutôt le circuit Hazards Beach pour revenir à votre point de départ (comptez 4 h, rando n° 56). Il y a moins de monde sur ce sentier mais les plages sont tout aussi belles et vous pourrez peut-être y croiser quelques « habitants » du coin. Autre possibilité, l’escalade du Mont Amos : attention toutefois car elle comporte des parties très raides mais la vue du sommet est superbe.

 

Toujours dans l’enceinte du parc national, ne ratez pas les paysages fantastiques de Honeymoon Bay et son phare.

 

Enfin, une fois sortis du parc, la côte est entre Freycinet et Orford est aussi très belle, avec une autre « scenic road » en direction de la péninsule de Tasman.

 

Où dormir :

Je ne peux pas recommander d’endroit particulier sur la côte est : avec les amis avec qui je voyageais, nous avons été invités par une famille de Hobart à camper dans le jardin de la maison qu’ils louaient pendant leurs vacances à Bicheno ! Mais il y a plusieurs campings gratuits près du parc national de Freycinet, une bonne option si vous voulez être parmi les premiers arrivés à Wineglass Bay sans devoir vous lever aux aurores.

Vous avez plus de temps ?

Si vous voulez rester plus longtemps dans la Parc, prenez deux ou trois jours pour faire le circuit de la Péninsule de Freycinet, qui fait 30 km (plus d’informations, en anglais).

Juste avant Orford, prenez le ferry à Triabunna pour vous rendre sur Maria Island. Le ferry ne prend que des piétons et des cyclistes car les voitures sont interdites sur l’île qui est en même temps un parc national. Vous pouvez y visiter l’ancienne colonie pénitentiaire de Darlington, inscrite au Patrimoine mondial, et y apercevoir de nombreux animaux sauvages. Trois des randonnées mentionnées plus haut se trouvent sur cette île, les numéros 58, 59 et 60.

La péninsule de Tasman

Combien de temps y passer :

3 jours pour avoir le temps d’explorer sans se presser, 4 jours en plus si vous avez assez d’argent pour la « 3 Cape Walk ».

Ce qu’il faut voir :

Si vous venez du parc national de Freycinet, faites attention car la route côtière n’est plus goudronnée après Orford où elle devient une piste gravillonnée. Si vous voulez rester sur un axe principal, il faudra faire un large détour par Sorell puis suivre les pancartes indiquant la péninsule. C’est la partie de Tasmanie que j’ai préférée, et elle ravira autant les randonneurs que les passionnés d’histoire.

Une fois sur la péninsule, juste avant d’arriver à l’isthme d’Eaglehawk Neck, tournez à gauche pour admirer la vue sublime sur Pirates Bay, depuis le Tasman lookout.

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Un peu plus bas, faites un arrêt au Tesselated Pavement (« Pavement en mosaïque »). Une forme très rare d’érosion a créé ici des formes géométriques avec des motifs parfaitement réguliers. On dirait une création humaine mais c’est 100% naturel ! Je ne me rappelle plus exactement de l’origine géologique donc je ne vais pas me lancer dans des explications, des panneaux sur place le feront nettement mieux que moi. Attention, cet endroit n’est visible qu’à marée basse.

 

Après avoir traversé Eaglehawk Neck, tournez à gauche sur Blowhole Road. Vous n’aurez que l’embarras du choix parmi les choses à voir : l’extraordinaire Arche de Tasman et les hautes falaises de Devil’s Kitchen (la Cuisine du Diable) d’un côté, un « blowhole » et un joli point de vue de l’autre… Magnifique, et ce n’est que le début de la péninsule de Tasman !

 

Un peu plus au sud, Remarkable Cave est une autre merveille de la nature. Vous y aurez une belle vue sur le Cap Raoul, le point le plus austral de la péninsule (voir plus bas), tandis qu’un étroit sentier vous amènera à une plateforme face à l’entrée de la grotte, qui se divise en deux un peu plus loin (impossible à voir depuis le point d’observation). Il est possible d’y entrer à marée basse mais faites extrêmement attention aux vagues qui peuvent remonter très vite dans ces tunnels.

tasman-peninsula-remarkable-cave

La randonnée de 4 à 5 heures (environ 15 km aller-retour, rando n° 6) pour aller au Cap Raoul fut ma rando préférée en Tasmanie et sans hésiter une des plus belles que j’aie eu l’occasion de faire. Pour gagner le début du sentier il faut rouler sur environ 10 km de piste en gravier mais en très bon état et qui convient à tous types de véhicule. Les 2 premiers km de la randonnée se font à l’ombre d’une jolie forêt, avant de débouchez sur un point en haut des falaises offrant une vue exceptionnelle.

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Pendant presque 5 km le sentier suit alors la côte avec d’autres points de vue en chemin jusqu’au Cap Raoul. Juste devant vous, admirez les énormes colonnes de rocher qui tombent dans l’océan. Un spectacle à couper le souffle !

 

Le sentier se termine un peu plus loin avec un point de vue sur une colonie de lions de mers qui vivent là. Le belvédère est très haut au-dessus de l’océan et on ne les voit pas facilement au début, mais on les entend sans problème !

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Après toutes ces merveilles de la nature, prenez aussi un peu de temps pour vous familiariser avec l’histoire des premiers colons européens en Tasmanie. Si le sujet vous intéresse, la visite du Site historique de Port Arthur est incontournable. Entre les années 1830 et 1860, des centaines de condamnés furent envoyés dans cette colonie pénitentiaire. Très peu d’entre eux purent un jour rentrer chez eux. Les visites guidées, inclues dans le billet d’entrée (39 dollars par adulte) sont le meilleur moyen d’en savoir plus sur les conditions de vie très rudes à cette époque. Vous pouvez aussi vous promener librement entre plusieurs dizaines d’anciens bâtiments très bien préservés. Une visite à ne pas manquer !

 

A l’extrémité nord-ouest de la péninsule, vous pouvez aussi voir des vestiges d’une mine de charbon où les détenus travaillaient dans des conditions extrêmement précaires. Le site est beaucoup plus petit qu’à Port Arthur, mais il est gratuit. La rando n° 2 permet d’explorer toute la zone.

 

De là vous ne serez plus qu’à heure et demie de route d’Hobart… dont je vous parlerai dans la seconde partie de cet article.

Où dormir ?

J’ai toujours trouvé des campings gratuits, à une exception près : le camping de Raoul Bay Retreat, juste à côté du parking d’où part le sentier vers le Cap Raoul. Très pratique si vous voulez faire la rando le matin ou si vous n’avez pas envie de reprendre la route le soir. Cerise sur le gâteau, vous pourrez y profiter d’un sauna ! Idéal pour récupérer après la marche. Le tout vaut bien ses 10$ par personne et par nuit.

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Vous avez plus de temps ?

La « Three Capes Track » (le chemin des 3 caps) est un sentier assez récent (il a été inauguré fin 2015), qui est une véritable randonnée de luxe ! Pourquoi ? Parce qu’elle vous coûtera pas moins de 495$ et qu’il faut la réserver en avance car seulement 48 personnes sont admises en même temps. Pour ce prix vous avez droit à une entrée sur le Site historique de Port Arthur où un bateau viendra vous prendre pour une petite croisière et vous déposer au début du sentier qui fait 46 km de long. Il se fait en 4 jours avec trois « gîtes » très confortables le long de la route. Un bus, également compris dans l’entrée, vous ramènera ensuite à Port Arthur. C’est très cher, mais l’expérience doit être assez mémorable… Cliquez ici pour plus d’informations (en anglais).

Autre option cette fois gratuite : marcher jusqu’au magnifique Cap Pillar, à partir de Fortescue Bay. C’est un sentier de 30 km qui peut se faire en deux jours, 22 km le premier puis 8 km le lendemain (plus d’informations ici, en anglais).

C’est tout pour la première partie ! Retrouvez ici la deuxième moitié de ce road trip de deux semaines, avec entre autres le sud de la Tasmanie et l’emblématique Cradle Mountain. Bon voyage !

🇦🇺 Cliquez ici pour revenir au menu sur l’Australie.

 

2 thoughts on “Road trip en Tasmanie : 1ère partie

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