Entre Anza-Borrego et Salton Sea : à la rencontre du désert et de ses habitants

Dans le Sud de la Californie se trouve une région oubliée des touristes mais qui a de quoi intéresser beaucoup de gens : que vous souhaitiez explorer un désert aride, visiter un lieu de tournage ou en apprendre plus sur un désastre écologique et économique, vous y trouverez de quoi satisfaire votre curiosité ! Dans cet article, je vous conduirai successivement à travers les canyon et oasis d’Anza-Borrego, à la découverte des couleurs de Salvation Mountain, à la rencontre de la communauté de Slab City et sur les rives de Salton Sea, ou l’activité humaine a produit une vraie tragédie. Suivez-moi !

📷 Pour plus de photos, allez voir ma galerie d’images du Sud de la Californie.

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Le Parc d’Etat du désert d’Anza-Borrego

Situé à 2 heures à l’est de San Diego, proche de la frontière mexicaine (« borrego » désigne d’ailleurs en espagnol les mouflons à larges cornes vivant dans la région, Anza étant le nom d’un explorateur espagnol, Juan Bautista de Anza), le désert d’Anza-Borrego est un Parc d’Etat (le plus grand de Californie) qui mérite un détour, bien que beaucoup de touristes l’ignorent. Si vous venez de San Diego, empruntez les routes 78 et 79 vers le nord, puis prenez à droit en direction de Borrego Springs (le seul village à l’intérieur du parc) sur les routes sinueuses S-2 puis S-22, offrant une vue panoramique sur le désert et Salton Sea (voir plus bas) à l’horizon.

 

Comme dans chaque autre Parc d’Etat ou Parc National des Etats-Unis, j’ai trouvé le personnel du Visitor Centre très accueillant. Je n’avais pas de plan préétabli en arrivant à Anza-Borrego et ils m’ont aidé à découvrir les principales attractions du parc en l’espace d’une journée. Je me suis tout d’abord rendu à Palm Canyon, tout près du Visitor Centre, pour une boucle de 5.2km à travers un canyon très sec, jusqu’à une incroyable oasis de verdure et de hauts palmiers ! Leur ombre est appréciable lorsque le soleil cogne fort, mais pensez tout de même à prendre suffisamment d’eau. Ouvrez grands les yeux et vous aurez peut-être la chance d’apercevoir certains des habitants du parc : mouflons, pumas ou serpents à sonnette (quoi que je ne sais pas si on peut parler de « chance » en croisant un serpent à sonnette en plein milieu du désert !).

 

Le second endroit du parc à ne pas manque se trouve au sud-est de Borrego Springs : un canyon en fente que vous pouvez explorer librement. Vous avez peut-être entendu parler ou vu des photos d’Antelope Canyon, un autre canyon en fente très célèbre pour ses roches rouges évoquant des vagues : celui-ci est similaire, bien que nettement moins impressionnant, mais au moins pas besoin de réserver une visite guidée pour l’explorer. Faites attention lorsque vous descendez dans le canyon !

 

Enfin, prenez la route S-2 vers le sud-est en direction d’Ocotillo pour sortir du parc et arrêtez-vous au point de vue sur les Carizzo Badlands : le spectacle est superbe, principalement en fin de journée lorsque les couleurs du soleil couchant magnifient encore le paysage.

 

Si vous n’avez qu’un temps limité aux Etats-Unis, Anza-Borrego ne sera peut-être pas une priorité comparé aux autres merveilles naturelles en Californie, en Utah ou en Arizona, mais j’ai trouvé qu’il s’agissait d’une introduction parfaite aux déserts de l’Ouest Américain et j’ai notamment apprécié prendre en photo ces longues routes droites au milieu de nulle part.

Anza-Borrego, road

Bon à savoir : l’entrée du parc coûte 10$ et comme il s’agit d’un Parc d’Etat le pass « America the Beautiful » ne s’applique pas. On y trouve plusieurs emplacements de camping, pour un prix variant de 15 à 30$ selon le site et le type de véhicule.

Salvation Mountain

Salvation MountainSi comme pour moi Into The Wild est un de vos films culte, vous ne pouvez pas rater Salvation Mountain. Vous vous souvenez de cette scène ou Chris McCandless (Emile Hirsch) et Tracy (Kirsten Stewart) rencontrent un vieil homme très attachant qui les accueille dans la montagne qu’il a construite et peinte lui-même à la gloire de Dieu et de l’amour ? Cette montagne s’appelle Salvation Mountain, et le vieil homme dans le film est le vrai Leonard Knight, celui qui y a travaillé sans relâche dès les années 80, jusqu’à être placé en maison de retraite en 2011 où il mourut peu après. C’était un moment très spécial pour moi de marcher au milieu de ce monument étrange et jamais terminé, sur les pas de Chris McCandless dont un portrait dans l’une des pièces honore la mémoire.

 

A vrai dire, Leonard Knight et les gens qui l’ont aidé dans sa tâche ne se sont pas contentés de peindre uniquement la montagne, ils ont aussi recouvert tous les véhicules avoisinants de peinture et de messages à la gloire de Dieu ; très étrange spectacle de voir ces voitures et camions abandonnés au milieu du désert.

 

Bon à savoir : Salvation Mountain apparait aussi dans les clips de nombreux artistes et groupes, parmi lesquels Coldplay et Kesha.

Slab City

Slab City est une communauté de gens ayant choisi de vivre dans le désert, en marge de la société, et décrite par ses habitants comme « le dernier endroit libre en Amérique ». Elle se trouve juste à côté de Salvation Mountain et est aussi visible dans Into The Wild : c’est là que Chris, qui vit alors avec le couple de hippies Jan et Rainey (Catherine Keener et Brian Dierker) rencontre Tracy. La scène sur laquelle ils chantent tous les deux existe bel et bien et s’appelle « The Range » ; des concerts et spectacles s’y déroulent tous les samedis, comme dans le film.

The Range, Slab City

La plupart des gens qui résident à Slab City s’y rendent en hiver, car les températures dépassent allégrement les 40°C en été, mais certains y vivent de manière permanente. J’ai pu avoir des discussions très intéressantes avec certain d’entre eux qui m’ont expliqué que leurs motivations étaient un mélange entre l’envie de s’échapper de la société moderne et consumériste, le plaisir d’apprécier la liberté de ce style de vie alternatif et totalement différent et de vivre dans une communauté ou l’entraide est omniprésente. Ils survivent généralement par la vente de modestes produits d’artisanat aux touristes qui viennent visiter les environs.

 

Une vaste exposition de plein air du nom de « East Jesus » se trouve à Slab City. Impossible de décrire cet amas d’œuvres étranges, créées à partir de déchets et de matériaux de recyclage. L’impression laissée est bizarre, comme si on était en plein milieu d’un rêve ou d’un cauchemar sans la moindre cohérence. L’œuvre la plus intéressante et la plus connue est le « TV Wall », un mur de télévisions empilées avec des messages dessinés sur leurs écrans tels que « Fake News », « Crap is entertainement » (« la merde est du divertissement ») ou « Don’t be yourself » (« ne soyez pas vous-même »).

 

Bon à savoir : si vous voulez avoir un aperçu de ce style de vie alternatif, vous pouvez réserver une nuit dans l’auberge de Slab City ; voici leur page sur Airbnb.

Salton Sea

L’histoire de Salton Sea est celle d’une énorme erreur ayant eu de terribles conséquences écologiques et économiques. Au début du 20ème siècle, des travaux furent effectuées sur le Colorado pour améliorer l’irrigation de nouvelles régions agricoles. Des canaux furent créés pour dévier le courant, mais l’eau s’engouffra dans une brèche et s’écoula dans le bassin de Salton Sea, à 72m sous le niveau de la mer. Il fallut 2 ans pour rétablir la situation, assez pour qu’un immense lac se forme. Comme il n’y a aucune rivière alimentant Salton Sea, celui-ci s’est petit à petit asséché, augmentant considérablement la salinité et le taux de pollution. Ses rives sont désormais couvertes de carcasses de poissons morts et l’eau à une odeur très désagréable.

 

Avant que ces problèmes n’apparaissent au grand jour, des promoteurs tentèrent de construire des bases nautiques sur ce tout nouveau lac et plusieurs villages créés de toute pièce apparurent sur ces rives, tels que Bombay Beach à l’est. Mais la popularité de Salton Sea diminua rapidement et l’industrie touristique ne fit pas long feu. De nos jours, les ruines de ces villages autrefois prospères peuvent être vus au bord du lac. J’ai trouvé à la fois glaçant de conduire dans ces rues abandonnés ou seules quelques personnes vivent encore et intéressant de constater à quel point les conséquences de l’activité humaine peuvent être terribles en seulement un siècle, mais je dois avouer que j’étais aussi content de laisser cette zone désolée derrière moi lorsque je suis parti !

 

Ski Inn, bar, Bombay BeachBon à savoir : le Ski Inn à Bombay Beach qui se décrit comme « le bar le plus bas de l’hémisphère Ouest » (il se trouve à 68m sous le niveau de la mer) est toujours ouvert actuellement. Voici un lien vers sa page facebook.

J’espère que vous avez apprécié lire cet article et que vous aurez appris de nouvelles choses sur cette région méconnue du sud de la Californie ! Si vous avez pu vous y rendre, n’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires.

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