Comment devenir un voyageur écolo

Est-il possible de voyager tout en étant respectueux de l’environnement ? Le tourisme, et principalement le tourisme de masse pose de nombreux problèmes à des écosystèmes souvent fragiles et à l’heure ou l’Amazonie brûle, on ne peut plus nier que notre planète est en danger. Mais il existe des moyens pour réduire votre empreinte carbone et votre impact sur l’environnement pendant vos vacances. Voici 8 choses à faire qui vous transformeront en un voyageur écolo !

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Janvier 2018. Quelques jours plus tôt, je célébrais le Nouvel An à Albany dans le sud-ouest de l’Australie, et je m’apprêtais à visiter le Parc National de Cape le Grand, près d’Esperance, un endroit sublime et célèbre pour la plage de sable blanc de Lucky Bay sur laquelle des kangourous peuvent souvent être observés. Mais au lieu des kangourous, ce que j’ai vu ce jour-là sur cette magnifique plage ce sont près de 100 véhicules 4×4 : des personnes trop feignantes pour marcher et qui préféraient rouler sur le sable, sans se préoccuper une seule seconde de leur environnement.

Je n’oublierai jamais ce jour et le mélange de colère et de tristesse que j’ai ressenti, me donnant presque envie de pleurer. Mais en même temps, cela a aussi éveillé ma conscience écologique. Tout d’abord, j’ai écrit un article, condamnant cette situation terrible et espérant qu’un jour, les voitures seraient bannies des plages du Parc National de Cape le Grand. Puis j’ai commencé à m’interroger sur mon propre comportement : faisais-je assez d’efforts ? Etait-il possible de concilier voyages et respect de l’environnement ? Je n’ai toujours pas de réponse exacte à cette question, mais toutes les questions que je me suis posées depuis m’ont conduit à écrire cet article aujourd’hui, avec la conviction que si chaque voyageur était un tout petit peu plus attentif, cela serait déjà un grand pas.

1/ Marcher plus, conduire moins

PinnaclesCe jour funeste où j’ai vu toutes ces voitures sur la plage de Lucky Bay n’est malheureusement pas la seule fois où le comportement d’autres personnes m’a dégouté, et ce n’est de loin pas la seule plage d’Australie ouverte aux véhicules… Au nord de Perth, toujours dans le Western Australia, se trouve un endroit qui s’appelle le désert des Pinnacles : des centaines de rochers verticaux les uns à côté des autres, créés par l’action du temps, comme des menhirs pointant vers le ciel. L’endroit est superbe, presque magique au coucher du soleil. Il est aussi très facile à explorer à pied. Un chemin le parcourt, passant par plusieurs points offrant une vue panoramique sur la zone, mais ce n’était semble-t-il pas suffisant pour certaines personnes : une piste pour voitures traverse également cet endroit unique, permettant de le visiter sans quitter le siège de son véhicule ! Est-ce vraiment si compliqué de marcher pour apprécier le paysage lentement et calmement ?

Cars, Pinnacles

Autre exemple, la seule manière de découvrir le site exceptionnel de Monument Valley aux Etats-Unis est… en conduisant sur une piste passant autour des mesas (le nom donné à ces collines extraordinaires). Je ne blâme pas les gens qui l’empruntent : il n’y a pas d’autre alternative et j’y ai roulé moi-même, bien qu’à contrecœur. Non, ceux à qui j’en veux, ce sont les propriétaires du lieu, ceux qui gèrent l’exploitation touristique du site… mais un grand nombre de touristes semblaient parfaitement heureux de cette situation et trouvaient « trop cool » de pouvoir conduire là. Pour ma part, j’aurais adoré pouvoir randonner, et j’ai été très déçu en voyant que le panorama mythique de Monument Valley était gâché par la présence d’une piste et de véhicules au premier plan (même si j’ai essayé de prendre la photo ci-dessous au moins où il y avait le moins de voitures !).

Monument Valley

Bien sûr, je ne parle pas ici des personnes handicapées ou de celles qui ont des problèmes à marcher, mais je décris plutôt des personnes en pleine santé et en pleine forme physique qui ne veulent pas marcher juste par fainéantise. Si vous êtes aptes à marcher ne serait-ce que quelques kilomètres, abandonnez votre voiture le plus souvent possible et commencez à marcher à la place.

2/ Prendre l’avion le moins possible

Vous avez peut-être entendu parler du mot suédois « flygskam », littéralement « la honte de voler ». Le concept est de plus en plus populaire dans le pays depuis son apparition fin 2018, au point que le trafic aérien en Suède a diminué de manière non négligeable ! Au lieu de prendre l’avion, de plus en plus de personnes prennent le train ou les transports publics, et partent en vacances désormais plutôt dans leur propre pays qu’à l’étranger. Un exemple pour le reste du monde ?

Plane above the mountains, Queenstown

Bien sûr, choisir une alternative à l’avion pour se déplacer serait idéal pour la planète. Mais est-ce vraiment possible ? Après avoir voyagé moi-même en Australie ou en Nouvelle-Zélande, cela serait hypocrite de ma part d’encourager les autres à ne plus prendre l’avion… Et même si utiliser d’autres modes de transport à l’avenir serait génial, tant que d’autres options tels que le train resteront si chères, cela sera compliqué de convaincre les gens. Un exemple au hasard ? Un vol d’une heure et demi de Nantes à Genève le 7 septembre 2019 coûte 35€. Le même trajet, le même jour en train coûte plus de 80€ et dure plus de 7 heures…

Mais une fois avoir dit cela, il est tout de même possible de faire des efforts. Il existe désormais de plus en plus de lignes de bus longues distances entre les grandes villes d’Europe ou d’Amérique du Nord notamment. Oui, cela prend beaucoup plus de temps qu’un vol en avion, mais ces bus sont souvent bon marché et si vous voyagez de nuit vous pourrez même pourquoi pas économiser le prix d’une nuit d’hôtel. Et puis pourquoi ne pas utiliser vos week-ends et certaines vacances pour explorer les environs d’où vous vivez plutôt que de vous envoler vers des destinations prisées des touristes ?

3/ Ramasser les déchets des autres

Je ne vais pas vous dire d’arrêter de jeter vos déchets dans la nature. J’espère que c’est déjà le cas et si vous avez besoin que quelqu’un d’autre vous le dise alors vous êtes probablement au mauvais endroit. Nous vivons aujourd’hui dans un monde où prendre soin de ses propres déchets ne suffit plus, et aussi déprimant que cela puisse paraitre, nous ne pouvons plus nous contenter de râler en voyant des tas d’ordures abandonnées par des personnes irrespectueuses : nous devons agir.

trash-in-forest

cigarette-buttsIl existe plusieurs possibilités pour cela. Vous pouvez rejoindre un groupe de bénévoles se retrouvant régulièrement pour nettoyer un endroit en particulier. Ce type d’activité connait une popularité grandissante et il devrait être possible d’y participer sur votre lieu de vacances, ou à votre retour chez vous. Vous pouvez aussi participer à un défi sur les réseaux sociaux. Ces challenges virtuels sont souvent stupides et parfois même dangereux mais la dernière tendance en France est écolo : il s’agit de ramasser le plus possible de mégots de cigarettes et de les mettre dans des bouteilles plastique pour les jeter à la poubelle. A vous de voir si vous vous prenez en photo pour la publier sur Instagram… Enfin, pourquoi ne pas simplement prendre un sac poubelle avec vous chaque fois que vous vous promenez pour le remplir des détritus que vous trouverez en chemin ? C’est ce que je m’applique à faire désormais, et même si cela fait mal au cœur de voir à quelle vitesse un sac poubelle peut se remplir, au moins je sais que je contribue un peu à rendre nos parcs, nos rivières et nos chemins plus propres.

trash-bag

4/ Eviter certaines activités polluantes et non nécessaires

Lorsque vous êtes en vacances, vous avez en général l’embarras du choix entre les choses à faire, mais la plupart d’entre elles ne sont pas tout à fait compatibles avec le respect de l’environnement. Encore une fois, il serait hypocrite de ma part de vous dire d’arrêter toute activité : j’ai entre autres fait du saut en parachute en Australie, observé les baleines sur une croisière au Canada et participé à un survol en avion de la Grande Barrière de Corail. Mais je crois qu’il y a énormément de choses que l’on peut s’abstenir de faire sans que les vacances n’en deviennent moins intéressantes : y a-t-il réellement besoin de prendre un « jet boat » super rapide (et super polluant) pour parcourir le lac Wakatipu à Queenstown en Nouvelle-Zélande ? Y a-t-il réellement besoin de faire le tour d’Uluru en Australie juché sur un Segway ? Y a-t-il réellement besoin d’un bateau pour approcher au plus près les icebergs du lagon de Jökulsarlon en Islande quand on peut les voir parfaitement depuis le rivage ?

Uluru en Australie, le lac Wakatipu en Nouvelle-Zélande

Si vous voulez faire un geste pour la planète, posez-vous les trois questions suivantes avant votre prochaine activité. Est-ce que cela vous manquera réellement si vous n’y participez pas ? Cela semble-t-il néfaste à l’environnement et si oui existe-t-il une alternative plus écologique ? Je suis persuadé que vos histoires de vacances ne seront pas moins passionnantes si elles n’incluent pas de balade en jet ski ou de surf sur une vague artificielle dans un parc d’attraction.

5/ Etre un randonneur respectueux

Si votre activité préférée en vacances est la randonnée, très bien, vous remplissez déjà plusieurs cases ! Mais si vous voulez devenir un randonneur respectueux, rappelez-vous de toujours rester sur les chemins existants et de ne jamais vous en éloigner. Et bien sûr, je ne devrais même pas avoir besoin de le dire mais n’enjambez jamais les barrières quand il y en a. Ce n’est pas qu’une question de sécurité, c’est aussi une question de respect : le respect des règles, le respect des autres et le respect de l’environnement. Si vous vous aventurez en-dehors des chemins, vous contribuerez à accélérer l’érosion du sol, ce qui signifie que les plantes n’y pousseront plus. Vous risquez aussi de déranger les oiseaux ou animaux qui vivent là, les effrayant et les obligeant à s’enfuir.

Hiking, Tasmania

cairn-rocks-canadaPlusieurs choses sont également à bannir lorsque vous êtes dans la nature. Ne cueillez pas de fleurs, aussi belles soient-elles. Une fois que vous les aurez ramassées, elles faneront de toute manière. Ne construisez pas de cairns. Cette tradition ancestrale peut avoir plusieurs significations mais sa popularité récente est due principalement aux réseaux sociaux, et le fait d’empiler des pierres peut avoir un impact sur la faune (cela altère l’environnement dans lequel des animaux vivent) et sur le sol (avec des risques accrus d’érosion). De manière générale, ne touchez à rien, ne laissez aucune trace de votre passage et ne prenez rien d’autres que des photos.

Etre un randonneur c’est bien, être un randonneur respectueux c’est mieux !

6/ Ne pas ramener n’importe quel souvenir de voyage

Partir en vacances signifie souvent ramener des souvenirs à vos amis, votre famille ou juste pour vous-même. Mais il faut être prudent avec les cadeaux « typiques » que l’on peut être amené à trouver : sont-ils bel et bien locaux ou « Made in China » ? A quoi cela rime-t-il d’acheter un souvenir qui a été manufacturé à des centaines ou milliers de kilomètres et livré aux boutiques pour touristes d’un endroit que les personnes qui l’ont fabriqué ne visiteront jamais de toute leur vie ? Essayez de vous en rappeler à votre achat de cadeaux et privilégiez les artisans locaux, quitte à débourser un peu plus.

souvenirs-shetland

7/ Tester la cuisine locale

okonomiyaki-kyotoCe point est similaire au précédent, mis à part qu’il s’agit cette fois de nourriture. A quoi cela rime-t-il d’aller à McDonalds si vous voyagez au Japon, ou de prendre un café dans un Starbucks à Sydney ? Voyager ne consiste pas seulement en découvrir de nouveaux endroits, de nouvelles villes et de nouveaux paysages, il s’agit aussi de découvrir une nouvelle culture et la cuisine en est un point crucial. Privilégier les cafés et restaurants locaux autant que possible diminuera d’autant l’empreinte carbone de ce que vous mangerez ! Et vous goûterez même peut-être à des plats exquis, tels que l’Okonomiyaki que j’ai découvert à Kyoto.

Un exemple de quelque chose qui ne devrait plus exister. Lorsque j’étais à Melbourne, j’ai travaillé quelques mois dans un salon de thé français qui y avait ouvert sa toute première boutique, mais qui est célèbre dans le monde entier pour ses (très chers) macarons. J’ai découvert à cette période que ces macarons étaient tous confectionnés dans une seule usine en Suisse, puis congelés et envoyés partout dans le monde. Le goût d’un petit biscuit mérite-t-il un tel coût environnemental ?

8/ Répandre la bonne parole !

Enfin, la chose la plus simple que vous pouvez faire pour notre planète est d’expliquer aux autres toutes les petites choses que vous faites pour préserver l’environnement. Dites à vos amis tous les efforts que vous accomplissez, encouragez votre famille à vous imiter et petit à petit, étape par étape, cela contribuera à rendre notre monde meilleur. Et pourquoi ne pas commencer par partager cet article ?

Et vous, quelles sont les choses que vous faites pour l’environnement quand vous êtes en vacances ? Partagez les dans les commentaires !

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7 thoughts on “Comment devenir un voyageur écolo

  1. Merci pour ce partage, qui nous rappelle que voyager c’est aussi voyager comme un voyageur conscient de son environnement. C’est vrai qu’on ne pense pas souvent aux souvenirs que l’on rapporte de nos voyages ! Et pour manger local, je suis plus que d’accord. 🙂

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  2. Merci pour ce message ! Ce n’est qu’une liste non exhaustive de suggestions mais j’espère pouvoir l’allonger à l’avenir et ainsi participer à ma façon à la préservation de l’environnement ! 🙂

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  3. Un article très pertinent pour notre génération. A l’époque où voyager est tellement accessible, on a tendance à oublier l’impact de cette activité sur l’environnement. Je partage absolument le point sur le fait de prendre l’avion… Comment en dissuader les autres si moi-même j’avais effectué des trajets en avion ? Peut-être la réponse se trouve dans la recherche d’un juste milieu ? En tout cas, une lecture très intéressante et inspirante, merci beaucoup !

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  4. Merci pour ce commentaire ! A propos de l’avion, je ne vais pas totalement m’arrêter d’utiliser ce moyen de transport pour voyager parce que cela permet une telle facilité pour découvrir tant d’endroits extraordinaires, mais j’essaye de me limiter et surtout de faire beaucoup d’efforts dans d’autres domaines en guise de “compensation”, y compris (et surtout) dans ma vie de tous les jours dont je ne parle pas ici. 🙂

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  5. Je suis totalement d’accord avec ça… Il y a tant d’endroits à découvrir… Moi ce que j’ai essayé de faire, c’était de faire un voyage sans produire de déchets (4 mois en Amérique centrale). C’était vraiment une chouette expérience. Je me suis beaucoup amusée et j’espère qu’indirectement, ces gestes sensibilisent à la pollution par le plastique. Après, chacun fait ce qu’il peut, on est des humains et on ne peut pas toujours tout faire à 100%… Bon courage et bon voyage 😃

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  6. Ca devait être génial ! J’irai consulter votre blog pour m’en inspirer 😉 Et oui, nous ne sommes que des humains et l’effort individuel ne suffira pas sans prise de conscience collective… mais c’est déjà un début 🙂

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