La magie d’Uluru

Connu auparavant sous le nom d’Ayers Rock, Uluru est cet énorme monolithe rouge au milieu du désert australien. Avec l’Opéra de Sydney, les kangourous et la Grande Barrière de Corail, c’est l’un des emblèmes du pays. J’ai toujours rêvé de le voir en vrai, même des années avant que l’idée de voyager en Australie ait germé dans mon esprit. J’ai attendu la toute fin de mon année dans le pays pour enfin m’y rendre et j’ai adoré l’expérience. Croyez ce que disent tous les guides touristiques : oui, Uluru est vraiment un endroit magique !

📷 Pour plus de photos, allez voir ma galerie d’images d’Uluru, les Kata Tjuta et Kings Canyon.

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La première fois que je l’ai vu c’était d’un avion. Enfin, sans compter toutes les fois où je l’avais déjà vu dans des documentaires, sur la page de garde de mon Lonely Planet, sur des cartes postales, sur des mugs ou sur tous les types de souvenirs imaginables. J’étais sur un vol entre Melbourne et Yulara, le village pour touristes et son minuscule aéroport construits près du monolithe. Voici un super conseil si vous faites la même chose : prenez un siège côté hublot sur la gauche de l’appareil, loin des ailes et vous aurez la possibilité d’admirer Uluru depuis le ciel, avec les silhouettes des Kata Tjuta en toile de fond.

Uluru, Kata Tjuta, plane

Une fois arrivé à l’aéroport, j’ai rencontré certaines des personnes qui avaient réservé le même tour que moi. C’était la première fois que je voyageais en Australie sans mon van : après 11 mois et des milliers de kilomètres, j’avais dû me résoudre à regret à le vendre quelques jours plus tôt à Melbourne. Pour être honnête, c’était devenu une épave : la troisième vitesse était cassé, le rétroviseur gauche aussi, la porte arrière ne s’ouvrait plus… La seule personne qui avait accepté de me le reprendre était un ferrailleur, mais j’en avais quand même tiré un bon prix, à ma grande surprise.

Quoi qu’il en soit, sans van, la manière la plus économique de découvrir Uluru et ses environs était de participer à un tour organisé. J’ai choisi une compagnie du nom de Mulgas Adventure, que je recommande chaudement déconseille vivement à quiconque voyageant dans la région (voir ci-dessous pourquoi)*. Après que le guide nous ait récupérés à l’aéroport, nous avons pris la direction d’un centre culturel aborigène au pied du rocher avant d’attaquer la randonnée qui en fait le tour. Je me suis vite retrouvé à la traine, trop occupé à prendre des dizaines de photos !

 

A ce stade, je fais une parenthèse pour expliquer certaines choses à propos d’Uluru. C’est le second plus gros monolithe du monde, après le Mount Augustus dans l’ouest de l’Australie. Il domine la large plaine vide et plate comme la main de 348m, avec une altitude à son sommet de 863m. C’est un lieu sacré pour les Aborigènes locaux, qui n’ont eu de cesse de demander aux visiteurs de ne pas l’escalader pour respecter leurs croyances. Malheureusement, chaque année des milliers de touristes stupides et irrespectueux se lancent malgré tout dans la périlleuse ascension. Mais bonne nouvelle, à partir du 26 octobre 2019, dans quelques jours au moment d’écrire cet article, escalader le sommet d’Uluru sera définitivement interdit !

*Quelques jours après avoir terminé cet article, Mulgas Adventure a publié la photo d’une femme au sommet d’Uluru sur ses comptes Instagram et Facebook (supprimée depuis), bien que notre guide nous ait hypocritement dit de respecter les croyances aborigènes. Je refuse de continuer à promouvoir une compagnie avec des valeurs aussi minables c’est pourquoi je vous encourage fortement à en choisir une autre avec des standards éthiques plus élevés si vous visitez Uluru avec un tour organisé.

J’ai même considéré retirer cet article mais je pense qu’il contient des informations potentiellement utiles à quiconque souhaitant voyager à Uluru de manière respectueuse.

La randonnée qui fait le tour d’Uluru mesure 10,6km. A de nombreux endroits, des panneaux indiquent qu’il est interdit de prendre des photos à ce point précis, car il a une importance spirituelle particulièrement élevée pour les Aborigènes. C’était un sentiment fantastique d’observer ce monument d’aussi près. La surface rocheuse était constamment changeante, évoquant ici un visage, là un poumon ; sa couleur était parfois rouge vif et parfois ocre selon la luminosité, avec des zones noires là où l’eau s’écoule lors des occasionnels violents orages. J’étais aussi très surpris par la végétation luxuriante : ok, ce n’était pas non plus la jungle, mais je ne m’attendais pas à voir autant d’arbres à cet endroit.

 

Un peu plus loin, un embranchement du chemin conduisait à la Kantju Gorge, une fissure dans le rocher avec une petite piscine naturelle à ses pieds. Je ne sais pas comment le décrire, mais je pouvais ressentir physiquement quelque chose de spécial dans l’atmosphère, grandissant au fur à mesure que je marchais vers la gorge ; il y avait une ambiance mystique dans ce lieu, un mélange de traditions millénaires, de force et de beauté de la nature et d’une émotion impossible à expliquer. Lorsque je suis arrivé à la piscine naturelle, les quelques personnes qui s’y trouvaient déjà semblaient tous ressentir la même chose que moi : personne ne parlait et on aurait dit que tout le monde se déplaçait le plus lentement et souplement possible pour ne pas faire le moindre bruit. Même si c’était autorisé ici, je me sentais gêné d’utiliser mon appareil photo, et après quelques rapides clichés je l’ai vite rangé pour apprécier le moment dans ce lieu magique. De toute manière, aucune image ni aucun mot ne parvient à décrire ce sentiment.

 

uluru-me

Après que chacun dans le groupe ait fini la randonnée, nous avons pris la direction de l’aire d’observation du coucher de soleil : l’endroit supposé être le meilleur pour admirer Uluru en fin de journée. C’est un lieu très populaire : d’autres groupes étaient là ainsi que des touristes individuels venus avec leurs propres véhicules. Le rituel semblait être le même pour tous les groupes : il consistait à prendre l’apéro avec une coupe de champagne face au rocher. Je crois que j’aurais préféré quelque chose de plus « contemplatif » mais je dois avouer que je trouve cette photo de moi plutôt cool… Le spectacle était un tout petit peu gâché par les nuages et Uluru n’avait pas pris cette couleur rouge flamboyante que j’avais vu en regardant des vidéos youtube comme celle-ci, mais le ciel dans la direction opposée était magnifique.

 

Nous avons passé la nuit sur un campement à Uluru, à la belle étoile : encore un moment magique, mais j’y reviendrai. Le réveil fut très matinal le lendemain pour être à temps à l’aire d’observation du lever de soleil. Là encore, c’est un endroit très fréquenté des touristes et pour ceux qui arriveraient un peu trop tard, se retrouver derrière une marée de smartphones et d’appareils photos peut réellement ruiner l’expérience. Mais à l’instant où les premiers rayons du soleil ont commencé à apparaitre à l’horizon avec la silhouette d’Uluru se découpant sur un ciel bleu profond, j’ai complètement fait abstraction des dizaines de personnes derrière moi. Le spectacle était à couper le souffle.

Uluru, sunrise

Plus tard ce jour-là, nous nous sommes rendus aux Kata Tjuta, un groupe de 36 monolithes à 25km d’Uluru. Leur nom en aborigène signifie “beaucoup de têtes”. Leur plus haut sommet culmine à 1066m, 203m plus haut que leur célèbre voisin ! La meilleure manière d’explorer l’endroit est de randonner à travers la Vallée des Vents. Marcher entre ces dômes extraordinaires et admirer un paysage aussi magnifique et comme venu d’un autre monde était à nouveau très spectaculaire !

 

Mount Conner

L’après-midi, nous avons pris la route de Kings Canyon, 350km plus au nord (autant dire juste à côté comparé à l’immensité du désert australien). En chemin, nous nous sommes brièvement arrêtés pour observer le « fake Uluru », un monolithe du nom de Mount Conner dont je vous avais déjà parlé avec une anecdote assez drôle dans un précédent article. Après un barbecue autour d’un feu de camp et une seconde nuit sous les étoiles, nous nous sommes à nouveau réveillés très tôt pour une randonnée au lever du soleil. Le paysage était très différent de celui observé à Uluru et aux Kata Tjuta, mais encore une fois d’une beauté phénoménale. Les falaises à pic de Kings Canyon sont vraiment très impressionnantes, il vaut mieux éviter de marcher trop près du bord quand on a le vertige !

 

Campfire, outback

Nous avons passé notre troisième et dernière nuit au milieu de nulle part. Nous avons quitté la route principale entre Kings Canyon et Yulara au niveau d’une « roadhouse » (ces stations-service et relais routier au milieu du désert) puis après plusieurs kilomètres sur une piste défoncée nous sommes enfin arrivés à notre campement : un simple container avec un générateur pour l’électricité et l’équipement nécessaire pour la nuit, et assez de place à côté pour faire un feu et dormir tout autour. Après l’émotion d’enfin découvrir Uluru, je crois que c’est ce que j’ai le plus adoré dans ce tour : dormir à la belle étoile chaque nuit. Le ciel était d’une clarté presque irréelle ; on aurait dit qu’il suffisait de tendre la main pour toucher la Voie Lactée. La troisième nuit dans ce campement perdu au milieu de l’outback était la plus belle : hormis les quelques personnes vivant dans la roadhouse voisine, les êtres humains les plus proches étaient à des dizaines de kilomètres de nous !

 

Ce qui m’a également beaucoup surpris c’est la température. J’ai effectué ce tour à la fin du mois de juin 2017, quelques jours avant le début de l’hiver australien. Je croyais naïvement qu’Uluru était un de ces endroits du monde où les températures ne descendent jamais en-dessous de 30°C mais j’avais tort. Certes, de novembre à février les maximales dépassent les 35°C avec un record de 47°C, mais en juin et juillet, elles atteignent tout juste les 20°C et il peut même geler la nuit ! Heureusement, le tour incluait la location d’un « swag », un couchage portable traditionnel utilisé historiquement par les tondeurs de moutons : il s’agit en quelque sorte d’un mélange entre un matelas et un duvet. Avec ça et une couche de vêtements supplémentaire, je ne sentais pas le froid bien que nous dormions dehors avec une température chutant jusqu’à environ 5°C. En fait, l’hiver est de loin la meilleure période pour aller à Uluru : on évite ainsi les chaleurs extrêmes de l’été… et surtout les mouches. Croyez-moi, si vous êtes dans la région lors des mois les plus chauds, elles seront votre pire cauchemar !

Uluru

Voyager jusqu’à Uluru est une expérience à faire une fois dans sa vie, et cela reste l’un de mes meilleurs souvenirs d’Australie. Racontez moi vos souvenirs en commentaire si vous vous y êtes également rendus, et rappelez-vous d’une chose : ne voyagez pas avec Mulgas Adventure !

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