La Dolce Vita : une semaine de vacances autour de Naples (partie II)

Je n’ai jamais été déçu par aucun de mes voyages en Italie. La splendeur et l’histoire si riche de Rome, l’architecture unique de Florence, les volcans de Sicile, tout cela était extraordinaire mais cette semaine de vacances dans la région de Naples fut sans doute encore meilleure. Tout fut parfait du début à la fin, et il m’est difficile de dire quelle fut ma journée préférée, entre les ruines de Pompéi, les couleurs de Procida ou la sublime Côte Amalfitaine. Sans oublier Naples ! Voici le récit de la seconde moitié de ce voyage.

📷 Pour plus de photos, allez voir mes galeries d’images de Pompéi et de la Péninsule de Sorrento et la Côte Amalfitaine.

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Allez lire également le récit de la première moitié de ce voyage, consacré à Naples et à l’île de Procida. Un autre article avec plus de détails sur mes lieux préférés à Naples sera bientôt en ligne.

Quatrième jour : les ruines extraordinaires de Pompéi

Au cas où vous ne seriez pas parfaitement familiers avec l’histoire de Pompéi, voici un bref résumé. Après différentes périodes d’occupation (Etrusque, Grecque), l’ère de domination Romaine débuta en -80. C’était une ville de province de taille moyenne, mais riche et prospère grâce à la fertilité de son arrière-pays. Parmi les 25 000 habitants de Pompéi, on comptait de nombreux marchands vivant dans des maisons richement décorées. Mais cette période florissante s’arrêta brutalement le 24 août 79 avec l’éruption du Vésuve.

Pompeii, street

Un doute subsiste encore sur la date exacte de cette tragédie, car des indices récents laissent suggérer qu’il s’agirait en fait du 24 octobre 79, mais ce qui est sûr c’est qu’en seulement quelques heures, la ville (ainsi que trois villages voisins : Herculanum, Stabiae et Oplontis) fut submergée par une épaisse couche de scories et de cendres, tandis qu’une nuée ardente tuait tous ceux qui n’avaient pas fui. On estime que 3000 personnes ont trouvé la mort lors de cette éruption, et plus d’un millier de corps ont été retrouvés depuis la redécouverte accidentelle de Pompéi au 18ème siècle. L’archéologue Giuseppe Fiorelli qui était en charge des fouilles au 19ème siècle eut l’idée astucieuse de couler du plâtre dans les cavités que les corps décomposés avaient laissés dans la cendre, et les moulages de plusieurs victimes sont aujourd’hui exposés (d’autres sont visibles au Musée Archéologique de Naples).

Dire que j’étais impatient de découvrir Pompéi serait un euphémisme. Je suis parti tôt de Naples pour prendre le train depuis la Place Garibaldi, qui ne coûte que 2€80 pour un trajet de 45 minutes. Je suis arrivé peu après 9h (l’heure d’ouverture), j’ai pris pris mon ticket (16€ par personne) et j’ai franchi l’entrée principale du site, la Porta Marina Grande, qui conduisait autrefois au port et n’était à l’époque pas du tout la porte principale.

Pompeii, Porta Marina

Pompeii, centaurCe fut une fantastique visite, mais avant de vous expliquer pourquoi, il y a deux choses qui m’ont déçues et sur lesquelles j’aimerais revenir. La première, c’est le manque d’information. J’avais pris une carte gratuite à l’entrée qui m’a aidé à me repérer avec les noms des principaux bâtiments, et je m’attendais à trouver des explications sur la vie à Pompéi un peu partout sur le site. En réalité, il n’y avait que quelques rares panneaux, et je ne les ai pas trouvés très intéressants (ils traitaient principalement d’architecture, pas ce que je recherchais). J’imagine que pour obtenir plus d’informations, il faut participer à une visite guidée. Autre déception : à mon arrivée, deux magnifiques statues m’attendaient, un centaure sur le Forum et le torse d’un homme au Temple de Vénus. Ce n’est que maintenant alors que j’effectue quelques recherches sur Pompéi pour écrire cet article que je réalise que ces statues sont des œuvres d’art contemporain. Là aussi, rien pour en informer les visiteurs ; je trouve que cela crée une confusion regrettable entre l’ancien et le moderne (sans parler de la potentielle controverse d’introduire de l’art contemporain dans un tel lieu).

Ceci dit, ce fût malgré tout une découverte extraordinaire. Je m’étais imaginé ce à quoi Pompéi pouvait ressembler depuis mon enfance, mais ce que j’ai vu ce jour-là dépassait encore mes attentes. C’était comme visiter une ville, avec ses larges artères et ses ruelles étroites, ses édifices publics et ses maisons privées, excepté qu’il s’agissait d’une ville vieille de 2000 ans et complètement figée dans le temps.

Pompeii, Forum, Mount Vesuvius

Après une première photo de l’immense Forum avec le Vésuve en arrière-plan (cliché ci-dessus), j’ai pris pris la Via Dell’Abondanza avec l’intention de débuter ma visite depuis l’autre extrémité du site, à l’écart de la plupart des visiteurs. Je ne savais pas qu’il y avait une autre entrée à l’est… Heureusement il y avait de toute façon assez peu de touristes ce jour-là, et j’étais seul la plupart du temps. Je n’ai pas retenu le nom de tous les bâtiments que j’ai visités, mais certains d’entre eux sortaient du lot :

  • Le bordel (lupanar) et ses peintures érotiques (situé dans le secteur VII, au centre de Pompéi).
  • La Maison de Vénus à la coquille (Casa della Venere in Conchiglia) : cette demeure parfaitement préservée avec son large atrium tire son nom d’une fabuleuse fresque de la déesse Vénus sur l’un de ses murs (secteur II, sud-est de la ville).
  • L’Amphithéâtre, où 20 000 personnes pouvaient prendre place (également dans le secteur II).
  • Le Grand Théâtre (Teatro Grande), assez grand pour 5000 personnes et à l’acoustique parfaite aux dires d’un guide près de moi (secteur VIII vers le sud).

Pompeii, Teatro Grande

  • La Palestre de Iuvenes (Palestra degli Iuvenes) : l’entrée était fermée, mais j’ai pu observer les fresques superbes depuis l’extérieur. Comparé à la plupart des autres peintures où les couleurs rouges, jaunes et ocres prédominent, on trouve de nombreuses nuances de bleu sur les murs de cet ancien gymnase (lui aussi dans le secteur VIII).
  • La Maison des Vettii et la Maison du Faune (Casa dei Vettii et Casa del Fauno) : deux demeures splendides, célèbres entre autres pour une fresque de Priape soupesant son propre phallus (à l’entrée de la Maison des Vettii), et pour la superbe statue en bronze d’un faune ainsi que l’immense mosaïque représentant les armées d’Alexandre le Grand sur le sol de la Maison du Faune. Toutes deux se trouvent dans le secteur VI, au nord-ouest de Pompéi.

Enfin, la plus belle maison selon moi est la Villa des Mystères (Villa dei Misteri), 400m en-dehors du site principal côté nord-ouest. Les fresques sur les murs ont été particulièrement bien conservées et partiellement restaurées, et elles sont réellement à couper le souffle. J’ai trouvé notamment le visage d’une femme en train de se coiffer absolument fascinant.

Je suis reparti vers 15h30, épuisés après 6h de marche tout autour de la ville mais ravi de ma visite. Pompéi est réellement un lieu à ne pas manquer, et comme une grande part de la ville n’a toujours pas été explorée, on peut encore s’attendre à de nombreuses découvertes dans le futur !

Cinquième jour – en road trip autour de la Péninsule de Sorrente…

amalfi-coast-audiAu matin du cinquième jour, j’ai quitté mon Airbnb à Naples pour débuter un road trip de deux jours autour de la Péninsule de Sorrente et de la Côte Amalfitaine. Après avoir constaté à quel point les gens conduisaient dangereusement à Naples, l’inquiétude m’avait gagné et j’ai opté pour une assurance complète pour ma voiture de location, ce que la femme au comptoir m’a également chaudement conseillé. Cela faisait grimper le prix pour trois jours de 85 à 204€ (juste pour l’assurance !), mais je me sentais plus à l’aise, et cela restait raisonnable vu la voiture qui m’avait été proposée : une Audi A3 toute neuve et très confortable.

Après avoir contourné le Vésuve, j’ai atteint un premier point de vue sur la Baie de Sorrente aux environs de 11h. Le temps était parfait toute la semaine, mais c’était la journée la plus chaude, et on ne distinguait aucun nuage à l’horizon : rien d’autre qu’un ciel bleu profond.

Sorrento Peninsula

Traverser Sorrente fût pénible en raison de la circulation, et je ne peux qu’imaginer à quel point cela doit être horrible en été. Ma destination était un peu après : les Bains de la Reine Giovanna (Bagni della Regina Giovanna), les ruines d’une villa Romaine près d’une piscine naturelle. Une descente brève mais pentue conduisait à ce site merveilleux : les ruines n’étaient pas extraordinaires (surtout au lendemain de notre visite de Pompéi !) mais la vue sur la Baie de Naples était sublime, l’eau était d’une clarté étonnante et on aurait dit que le Vésuve était une île gigantesque suspendue au-dessus des flots.

Ma deuxième destination était la Baie de Ieranto (Baia di Ieranto), de l’autre côté de la Péninsule Sorrentine. Je suis passé par quelques jolis villages sur la route (dont je ne me souviens pas du nom, hormis Termini où j’ai dû faire des manœuvres très compliquées pour laisser passer d’autres véhicules sur une route extrêmement étroite), offrant des panoramas de rêve sur la côte et l’île de Capri toute proche.

La promenade de la Baie de Ieranto est l’une des plus belles randonnées de la Péninsule Sorrentine. Depuis Nerano, ce sentier de 5km le long de la côte et parfois à l’ombre des oliviers a un dénivelé de 185m (en descente à l’aller, en montée au retour – plus de détails sur cette randonnée sur cet excellent site – en anglais) et il offre de nombreux points de vue exceptionnels sur la Côte Amalfitaine puis sur la Baie de Ieranto et Capri.

Enfin, mon dernier arrêt ce jour-là fût l’église de San Constanzo, perchée à une altitude de 500m au sommet d’une colline à l’extrémité de la péninsule ; cela impliquait de traverser à nouveau Termini ce qui avait de quoi m’inquiéter, mais heureusement cette fois tout se passa bien. La vue depuis l’église était littéralement à 360°, de Capri à Naples, du Vésuve à la Côte Amalfitaine. Extraordinaire !

Sorrento Peninsula, church San Constanzo, lookout

J’ai passé la nuit dans un autre Airbnb à Sant’Agnello, directement à côté de Sorrente, chez l’une des hôtes les plus accueillantes chez qui je ne sois jamais resté. La chambre était charmante, très propre et confortable, tout était à disposition pour le petit déjeuner, et elle avait même laissé un magnet et une petite bouteille de prosecco en cadeau ! J’étais trop fatigué pour aller explorer la ville le soir et je suis simplement allé manger au restaurant, mais les quelques rues que j’ai brièvement vues avaient l’air jolies. Ce sera pour la prochaine fois !

Sixième jour – …et le long de la Côte Amalfitaine

La Côte Amalfitaine n’est pas très longue : pas plus de 50km entre la Péninsule de Sorrento à l’ouest et Salerne à l’est. Mais une journée est à peine suffisante pour la parcourir intégralement, tant chaque village, chaque point de vue et chaque tournant de la route sont la promesse d’un nouveau spectacle époustouflant, auquel il est impossible de résister.

amalfi-coast-road-2

Amalfi Coast, PositanoLe premier village sur ma route venant de Sorrento fût Positano, où il se révéla être impossible de se garer : des voitures étaient rangées absolument partout, même en-dehors du village ! Je commençais à me dire que cette journée risquait d’être compliquée si la même situation se reproduisait partout ailleurs, mais ce fût heureusement le seul village que je ne pus pas explorer ; un événement quelconque devait probablement s’y dérouler. Quoi qu’il en soit, puisque je ne pouvais pas me garer, j’ai choisi d’emprunter une route grimpant dans les montagnes au-dessus de Positano. Ce bref trajet se révéla particulièrement intense car la route était très sinueuse et par endroits pas assez large pour que deux véhicules puissent se croiser, mais je fus finalement récompensé par une vue superbe.

Mon deuxième arrêt fût dans les villages voisins de Vettica Maggiore et Praiano. Je crois que cela reste mon moment préféré de la journée. J’étais tout seul pour admirer le magnifique dôme en céramique de l’église San Gennaro, et le fabuleux panorama sur la côte, s’étendant jusqu’aux Faragliono (le nom donné aux trois énormes rochers près de Capri), avec Positano lové au creux des montagnes.

En plus du dôme de l’église, j’ai aussi beaucoup aimé les nombreuses décorations en céramique un peu partout sur les murs de Praiano, et notamment ces poissons amusants et mignons ci-dessous !

Amalfi Coast, Praiano, ceramic

Troisième village, troisième étape : Amalfi, qui a donné son nom à la région. C’est clairement l’endroit le plus touristique que j’aie visité ce jour-là, mais sans que cela ne soit étouffant loin de là. Je me suis garé près du port avec ses bateaux de pêche multicolores, formant un très joli panorama avec Amalfi à l’arrière-plan.

Le centre-ville était un vrai labyrinthe, avec de nombreuses ruelles piétonnières, de discrets escaliers et d’étroits passages ; le genre d’atmosphère qui me plait toujours. Soudainement, presque par accident, je suis tombé sur le magnifique Duomo, avec une influence Byzantine caractéristique dans son architecture (les colonnes rayées noires et blanches ou la mosaïque au-dessus de l’entrée par exemple). Malheureusement, une grande partie de la façade était en cours de restauration et se retrouvait cachée par des échafaudages.

Après Amalfi, j’ai (à nouveau) emprunté une route étroite et sinueuse pour monter jusqu’au village de Ravello, un peu plus à l’intérieur des terres. On peut y visiter deux villas célèbres (la Villa Rufolo et la Villa Cimbrone), mais toutes deux sont payantes, tandis que la très belle église était fermée ; j’ai préféré simplement me promener notamment jusqu’à une large terrasse surplombant la côte et offrant une vue à couper le souffle. La beauté de la Côte Amalfitaine est décidément exceptionnelle ; j’étais constamment émerveillé par ce que je voyais, et quelques jours supplémentaires n’auraient pas été de trop pour explorer tous ces endroits un peu plus profondément !

Je suis ensuite redescendu vers Amalfi pour la dernière partie de mon itinéraire. Le paysage devenait petit à petit de moins en moins impressionnant, et les endroits les plus beaux étaient derrière moi, mais je suis encore passé par quelques jolis villages, comme Minori et sa plage de sable noir…

Maiori et la jolie église San Francesco…

Amalfi Coast, Maiori, church of San Francesco

…et enfin Cetara, un pittoresque village de pêcheurs traditionnel.

Une demi-heure plus tard, j’étais à Salerne, dernière étape de nos vacances. Avec une journée aussi riche, je manquais de motivation pour explorer la ville et je n’ai visité que la cathédrale, qui était absolument superbe (je n’ai malheureusement aucune photo). Après un dernier Spritz, un verre d’excellent vin blanc de la région et une très bonne pizza, il était déjà temps de ranger mes affaires pour la fin du voyage. Le lendemain matin, j’ai profité d’une ultime vue sur Salerne depuis le balcon de mon Airbnb sur les hauteurs de la ville, puis j’ai pris la direction de Naples. Une chose est sûre : je reviendrai un jour !amalfi-coast-salerno

Est-ce que cet article vous a donné envie d’aller en Italie pour explorer la Côte Amalfitaine et toute la région environnante ? Dites-moi tout dans les commentaires !

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