Souvenirs de voyage : cinq moments de liberté intense (1)

Au moment de publier cet article, cela fait maintenant quatre semaines depuis le début du confinement en France, en raison de la pandémie de coronavirus. C’est absolument nécessaire pour ralentir la propagation du virus, mais c’est aussi un sentiment étrange de devoir rester chez soi aussi longtemps, surtout pour moi qui avait l’habitude de voyager autant ! Alors pour me changer les idées (et en espérant vous changer les vôtres aussi) et évacuer cette situation anxiogène, j’ai décidé de repenser à tous ces moments au cours desquels j’avais eu une sensation intense de liberté au cours de mes voyages, et de vous raconter l’histoire de cinq d’entre eux. Voici le premier, le début de mon road trip dans l’Ouest Américain le 13 avril 2018, il y a exactement deux ans aujourd’hui.

📷 Pour plus de photos, allez voir ma galerie d’images du Sud de la Californie.

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Pour commencer, une remise dans le contexte s’impose. Lorsque j’avais atterri à Los Angeles deux jours plus tôt, je voyageais depuis plus de quatre mois depuis que j’avais quitté Auckland en Nouvelle-Zélande. J’arrivais du Japon, où j’avais passé deux fabuleuses semaines. Cela avait été le plus gros choc culturel de ma vie : la langue, la nourriture, l’architecture, tout était différent. Deux choses en particulier m’avaient impressionnées : l’extraordinaire niveau de propreté absolument partout, et la politesse et le respect extrêmes (parfois trop) des Japonais.

Je quittai Tokyo le 10 avril, dans l’après-midi. Mon vol passait au-dessus de la ligne virtuelle de changement de date au milieu du Pacifique, ce qui signifie que j’ai en quelque sorte « voyagé dans le temps » : à mon atterrissage à Los Angeles, c’était le matin… du 10 avril à nouveau ! J’ai en fait vécu le même jour deux fois d’affilée, sans pouvoir dormir entre temps. C’est ma pire expérience de décalage horaire : je ne me suis jamais senti si épuisé et il m’a fallu plusieurs jours pour retrouver un cycle normal.

Ma première impression de Los Angeles fut très mauvaise, surtout comparé au Japon. Les rues étaient sales, les quelques personnes à qui je m’adressais étaient peu avenantes et malpolies, les transports en commun étaient catastrophiques… Je cherchai à explorer la ville en commençant par Beverly Hills, mais j’y trouvais rapidement un côté « faux » et « bling-bling » totalement inintéressant. Mais le pire allait encore arriver ! Je vous ai raconté toute l’histoire dans mon Alphabet de Voyageur il y a quelques semaines et je ne vais pas rentrer dans les détails ici, mais l’auberge de jeunesse que j’avais choisie s’est révélée être la plus horrible où je ne sois jamais allé. J’ai fini par me faire renvoyer car j’avais osé me plaindre du bruit que faisait le staff en pleine nuit… pour des travaux de rénovation jusqu’à 3 ou 4 heures du matin !

los-angeles-beverly-hills

Il me restait une nuit à LA (je détestais vraiment la ville à ce stade, et le Japon me manquait cruellement) que j’ai passée dans une autre auberge dans le même quartier populaire. Je n’ai quitté ma chambre que le lendemain matin pour rejoindre l’aéroport, y louer une voiture et débuter mon road trip. J’ai dû attendre environ deux heures à l’agence et l’après-midi était déjà bien entamée lorsque ma voiture fut prête. Vous pouvez imaginer à quel point j’étais heureux et soulagé d’être enfin sur la route, laissant derrière moi ces trois jours horribles et démarrant dans une nouvelle phase de mon voyage très excitante !

En-dehors de cette sensation de liberté très agréable alors que je m’éloignais de Los Angeles, cette première journée ne fut en soit pas extraordinaire. Je conduisis jusqu’à San Diego près de la frontière mexicaine, mais j’y arrivai trop tard pour visiter la ville. Je n’ai pu que me rendre au parc de Torrey Pines pour une promenade le long de la côte ainsi que sur la jolie péninsule de Point Loma et son vaste cimetière militaire pour le coucher de soleil.

Le « vrai » road trip débuta le lendemain matin, lorsque je me rendis dans le désert d’Anza-Borrego. Je ne sais plus où ni quand je suis tombé sur ce nom, ni ce qui m’a poussé à y aller, mais je suis ravi de l’avoir ajouté à mon itinéraire ! Ce n’est pas le parc le plus exceptionnel du pays, mais j’ai beaucoup aimé conduire dans ces paysages désertiques et presque lunaires, les premiers que je voyais dans ce road trip.

Ce n’est pas un endroit très connu ; il n’y avait pas foule et j’étais souvent seul. C’est exactement ce que je souhaitais : la liberté de voyager en solo, d’aller où je voulais, en m’arrêtant où et quand je le désirais. Je me sentais bien mieux depuis que j’étais de nouveau en pleine nature, et l’épuisement du décalage horaire était maintenant complètement oublié et remplacé par une énergie stimulante, que je mettais à profit pour découvrir ces paysages étonnants, entre oasis en plein désert et canyon étroit.

Salvation Mountain, Into The Wild

L’un de mes films préférés, sans doute celui qui m’a le plus inspiré dans mes voyages est Into The Wild. Il y a une scène que j’aime beaucoup (vidéo en anglais ci-dessous), où le personnage principal Christopher McCandless (joué par Emile Hirsch) et son amie Tracy (Kirsten Stewart) visitent une colline entièrement recouverte de peinture dans le désert, et rencontrent le vieil homme qui l’a décorée. J’ai toujours trouvé ce moment très poétique et émouvant, d’autant plus lorsque j’ai réalisé que ce vieil homme si émouvant n’était pas un acteur ; son nom est Leonard Knight, et il a dédié toute sa vie à cet endroit au milieu de nulle part, essayant de propager un message d’amour universel avec notamment sa phrase fétiche peinte un peu partout « God loves us », « Dieu nous aime ».

Salvation Mountain

Cette colline s’appelle Salvation Mountain, et elle n’est pas très loin d’Anza-Borrego, c’est pourquoi je m’y suis rendu le jour suivant. C’était un moment vraiment émouvant pour moi ; j’avais cette sensation incroyable que tout était possible, et maintenant que j’étais là moi-même, je trouvais le message naïf de Leonard Knight encore plus touchant. J’aurais adoré pouvoir le rencontrer, mais il est malheureusement décédé en 2014. Une phrase du film résume parfaitement mon état d’esprit à cet instant précis : « I really love it here, I think the freedom of this place is just so beautiful to me, I wouldn’t move for ten million dollars. », « J’aime beaucoup être ici, je trouve la liberté de cet endroit tellement belle pour moi, je ne partirais pas même pour dix millions de dollars. » Je pouvais parfaitement comprendre pourquoi.

J’ai été dans bien d’autres endroits extraordinaires lors des semaines suivants et j’ai vu d’innombrables paysages sublimes au cours de ce road trip, mais ces premiers jours et les multiples émotions que j’ai ressenties resteront toujours uniques pour moi !

Si vous voulez plus de détails sur les lieux que j’ai visités, allez lire mon article « Entre Anza-Borrego et Salton Sea : à la rencontre du désert et de ses habitants ».

Anza-Borrego, sunset

D’autres articles à propos de ces « moments de liberté » paraîtront prochainement alors à très vite pour le prochain !

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2 thoughts on “Souvenirs de voyage : cinq moments de liberté intense (1)

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