Souvenirs de voyage : cinq moments de liberté intense (4)

Pendant le confinement il y a quelques semaines, j’ai commencé une série de cinq articles à propos de certains des moments les plus intenses de mes différents voyages, au cours desquels j’avais eu un incroyable sentiment de liberté. Mon but avec ces articles était de partager les souvenirs de ces périodes et d’évacuer brièvement l’alarmante réalité de cette pandémie et le fait que je sois forcé de rester chez moi. Je n’en ai publié que trois jusqu’à présent ; le confinement s’est achevé depuis plus d’un mois et la situation revient petit à petit à la normale, mais j’ai malgré tout choisi de publier les deux restants. Voici le quatrième, avec deux jours d’aventure à la découverte de l’est de l’Islande en septembre 2018.

📷 Pour plus de photos, allez voir mes galeries d’images de l’Est de l’Islande.

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Les dix jours que j’ai passés en Islande en septembre 2018 restent inoubliables pour bien des raisons : la beauté exceptionnelle des paysages, la force brute de la nature, le spectacle fabuleux des aurores boréales… C’était court, à peine suffisant pour un road trip autour du pays, mais cela reste l’un de meilleurs voyages de ma vie.

vatnajokull-road

J’ai débuté par les endroits les plus touristiques du pays. Le premier jour, j’ai parcouru le Golden Circle. C’est le nom donné à une route formant une boucle autour de Reykjavik et conduisant à plusieurs sites naturels : le Parc National de Thingvellir, le geyser de Strokkur, la cascade de Gulfoss et le cratère de Kerid (allez voir mon article « Le Golden Circle, une introduction parfaite à l’Islande » pour plus de détails).

Lors des deuxième, troisième et quatrième jours, je me suis dirigé vers la côte sud, m’arrêtant à de nombreuses reprises pour admirer les paysages sublimes, telles que les cascades de Seljalandsfoss, Gljufrabui et Skogafoss, la plage noire de Reynisfjara, le canyon de Fjardargljufur et les extraordinaires lagons de Fjallsarlon et Jökulsarlon (plus de détails dans mon article « Road trip en Islande, partie 1 : la Côte Sud »). C’est aussi lors de ces trois jours que j’ai vu mes premières aurores boréales

eyjafjallajokullC’était un début de voyage formidable, mais pas vraiment « aventureux » comme on peut s’imaginer l’Islande. La route était large, il y avait toujours beaucoup de touristes à chaque lieu et avec le ciel bleu de ces premiers jours, même un volcan tel que l’Eyjafjallajökull (photo ci-contre) qui avait paralysé l’ensemble du trafic européen lors de sa dernière éruption en 2010 semblait paisible et inoffensif.

Le cinquième jour, j’ai quitté Höfn une petite ville au sud-est du pays pour me diriger vers le nord. Le temps était vraiment pourri : nuages bas, vent violent et alternance d’averses et de pluie battante… mais j’étais parfaitement heureux. Comme je l’ai écrit dans un précédent articleà propos de cette région de l’Islande, « c’était l’occasion pour moi de me rendre compte à quel point la nature pouvait être menaçante dans cette partie du monde, à quel point cela doit être dur parfois de vivre dans ces endroits isolés, au bord d’une côte rude et désolée, à la merci des éléments ».

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J’ai passé la journée à conduire le long des fjords de l’est, d’un village isolé à un autre : Djupivogur, Stödvarfjördur, Reydarfjördur, Neskaupstadur… Tout était gris, mis à part quelques touches de couleurs : le joli toit d’une petite église, les bateaux de pêche peints amarrés au quai, un phare orange au loin…

J’avais l’impression d’être seul au monde. Je n’ai croisé aucune voiture, vu personne ; tout le monde restait à l’intérieur, en attendant que la tempête ne passe (même si ce n’était probablement qu’un tout petit coup de vent comparé à ce que doit être l’hiver ici). Les seuls êtres vivants que je croisais étaient des moutons, protégés du froid par leur épaisse fourrure.

La Route 1 (la route principale qui fait le tour de l’Islande) prend un raccourci à l’intérieur des terres, j’ai donc décidé de la quitter pour emprunter une route secondaire longeant la côte. J’ai même conduit quelques kilomètres sur une piste bosselée et non goudronnée vers le hameau de Vattarnes, où j’ai pris la photo ci-dessous. Ne trouvez-vous pas que cette image pourrait être la définition même du mot aventure ? Ne vous donne-t-elle pas envie d’aller voir plus loin, ce qui se cache après le prochain virage ? C’était un sentiment unique d’être là, tout seul, avec l’impression d’être si petit et insignifiant comparé à la puissance irrésistible de la nature autour de moi.

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La pluie se calma l’après-midi et il y avait même un peu de ciel bleu lorsque je me rendis à Hengifoss, la troisième plus grande cascade d’Islande (128m). Ne vous faites pas avoir par les photos ci-dessous pour autant ; si le ciel était effectivement bleu au-dessus de la cascade, il y avait encore de gros nuages gris menaçants de l’autre côté !

Je suis arrivé à Seydisfjördur dans la soirée. Avec sa fameuse (et très photogénique) « Rainbow Road », c’est l’un des plus jolis villages d’Islande. J’ai particulièrement aimé y séjourner cette nuit-là ; la route descendant vers le fjord au milieu de montagnes enneigées était sublime, et les maisons colorées se réfléchissant dans l’eau créaient un spectacle renversant.

Le lendemain, en compagnie d’une voyageuse canadienne rencontrée à mon auberge de Seydisfjördur, nous avons décidé d’aller au canyon de Studlagil, l’un des trésors les mieux cachés de cette région d’Islande. Il est bien en-dehors des sentiers battus, et nous n’y avons croisé personne ce jour-là. La façon la plus simple de s’y rendre est par une piste non goudronnée de 17km conduisant à un point de vue au-dessus du canyon, mais en s’arrêtant 4 km plus en amont, il est aussi possible de randonner de l’autre côté de la rivière et même de descendre dans le canyon. Encore une fois, le temps n’était pas avec nous avec un ciel gris et quelques averses, mais randonner seuls au milieu des collines et sans véritable chemin pendant la moitié du parcours (il nous a même fallu escalader quelques clôtures !) jusqu’à se retrouver au pied de ces superbes colonnes de basalte reste un souvenir impérissable.

Plus tard ce jour-là, je continuai ma route jusqu’à la cascade de Dettifoss puis plus tard jusqu’au Lac Myvatn ; ces endroits sont également de toute beauté mais j’y retrouvais aussi de nombreux groupes de touristes. La partie la plus aventureuse du voyage était derrière moi, mais je n’oublierai pas ces deux jours passés à explorer le côté sauvage de l’Islande !

Retrouvez aussi mes autres articles dédiés à ces moments de liberté, et notamment celui consacré à ma visite du Parc National de Wilson’s Promontory en Australie !

Souvenirs de voyage : 5 moments de liberté intense (Wilson's Promontory)

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