Mes derniers jours en Australie

Il y a trois ans, à la fin du mois de juin 2017, j’arrivais au bout de ma première année en Australie. Je n’ai pas encore écrit ou publié quoi que ce soit à propos de cette période, mais c’était l’occasion parfaite pour me remémorer les souvenirs de cette ultime semaine dans le pays, remplie de superbes paysages, d’art aborigène, et de deux des plus beaux couchers de soleil que je n’aie jamais vus.

📷 Pour plus de photos, allez voir mes galeries d’images du Parc National de Kakadu et Darwin.

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Après mon expérience en ferme de février à mai 2017, j’étais revenu à Melbourne où j’avais à nouveau vécu et travaillé pendant quelques semaines. Je partais pour de bon le 18 juin ; je prenais tout d’abord l’avion pour Uluru où je participais à un tour guidé de trois jours autour de ce rocher mythique au milieu du désert, que j’ai décrit dans un précédent article. A la fin du tour, plutôt que de revenir à Melbourne, je continuais jusqu’à Alice Springs, la ville la plus proche, et le lendemain je prenais un autre avion jusqu’à Darwin au nord du pays. C’est là que j’allais passer mes cinq derniers jours en Australie avant mon vol retour prévu le juin.

sunset-alice-springs

Coucher de soleil sur Alice Springs

Je n’avais rien planifié et je ne savais pas trop à quoi m’attendre ; tout ce dont j’avais envie c’était d’explorer la ville et ses environs. Avant d’arriver, j’avais posté un message sur l’un des nombreux groupes Facebook de voyageurs expliquant que je cherchais des « travelmates » pour se joindre à moi. Une Française m’avait répondu, et ensemble nous avions décidé de louer une voiture et de partir en road trip dans le Parc National de Kakadu.

Pour commencer, quelques faits à propos de Kakadu. C’est le plus grand Parc National d’Australie : il couvre une surface de près de 20000 km², environ la superficie de la Slovénie. Il est classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO depuis 1981, à la fois comme lieu naturel et comme héritage culturel. Il se trouve sous les tropiques, tout en haut du Northern Territory, ce qui signifie qu’il ne subit que deux saisons : la « wet season », saison des pluies (de novembre/décembre à avril/mai) et la « dry season », saison sèche (de mai/juin à octobre/novembre). Pendant la saison des pluies, de larges sections du parc deviennent inaccessibles, et même pendant la saison sèche un 4×4 est requis pour certains endroits tels que les célèbres Jim Jim Falls, une cascade de 200m de haut (mais même avec une voiture de tourisme classique, nous avons bien profité du parc). Kakadu est un lieu d’une diversité unique, avec plusieurs paysages très différents ; pas moins de six d’après le site du Gouvernement Australien (lien en anglais), y compris des marais inondables, des zones boisées, des plaines et des plateaux.

On estime que les Aborigènes y ont vécu sans discontinuer depuis plus de 40000 ans, et le parc abrite l’une des plus remarquables concentrations d’art rupestre Aborigène. Le meilleur endroit pour l’admirer est au nord-est du parc, autour d’un rocher du nom d’Ubirr qui domine les environs. Ces peintures sont absolument stupéfiantes ; je m’attendais à quelque chose d’un peu naïf mais j’ai été impressionné par la richesse du détail. Regardez cet homme ci-dessous par exemple !

Aboriginal paintings at Nourlangie Rock, Kakadu

L’âge de la plupart des peintures à Ubirr est évalué autour des 2000 ans. Elles représentent différents sujets, des scènes de chasse comme des histoires du « Temps du Rêve » qui dans la croyance Aborigène décrit les origines du monde, avec notamment une peinture du « Rainbow Serpent » (le « Serpent Arc-en-ciel »), une créature mythologique d’une importance considérable dans la culture Aborigène.

Mindil Market, Darwin

Nous avons passé deux jours dans le parc, puis nous sommes revenus à Darwin. C’était un dimanche, et chaque dimanche (ainsi que chaque jeudi) entre avril et octobre, un marché de nuit attire des milliers de personnes à Mindil Beach, une plage orientée vers le nord-ouest. On y trouve des dizaines d’étals proposant de la nourriture, des souvenirs et de l’artisanat Aborigène mais ce qui rend ce marché si spécial, c’est son coucher de soleil unique. Peu avant que le soleil ne disparaisse à l’horizon, tout le monde avait quitté les allées du marché pour se rassembler sur la plage et contempler ce spectacle fabuleux. C’est clairement l’un des plus extraordinaires couchers de soleil que je n’aie jamais vus.

J’ai passé les deux jours suivant à explorer tranquillement Darwin, à mon rythme. Ce n’est pas une ville extrêmement belle, mais j’ai vraiment apprécié mon séjour. Le temps était parfait, il faisait chaud, la nature était florissante dans chaque jardin et il y régnait une atmosphère détendue qui collait parfaitement à mon état d’esprit. J’ai aussi visité le Musée et Galerie d’Art du Northern Territory, situé juste à côté de Mindil Beach. Je l’ai trouvé très intéressant, avec une vaste collection d’objets Aborigènes, une section entièrement dédiée au cyclone Tracy qui a totalement détruit Darwin en 1974 (plus de 70% de la ville fut détruite et 71 personnes tuées)… et le corps conservé de Sweetheart, un crocodile de 5,1m de long qui malgré son nom de « chéri » était célèbre pour attaquer les bateaux à la fin des années 1970 !

Darwin, museum, Sweetheart, crocodile

C’est d’ailleurs l’une des choses les plus frustrantes à Darwin ; même si les plages sont magnifiques, il est très déconseillé de s’y baigner en raison de la présence de crocodiles (ainsi que de méduses). De même qu’à Cairns ou Brisbane sur la côte est, un lagon artificiel y a été construit afin que les gens puissent aller se baigner en toute sécurité.

Et puis ça y est, c’était l’heure de ma dernière nuit en Australie. Je suis retourné à Mindil Beach pour le coucher de soleil ; il n’y avait pas de marché et j’étais complètement seul. Le ciel était en partie nuageux cette fois et le spectacle était un peu différent (hormis le même bateau à l’horizon), mais pas moins beau…

C’était un sentiment étrange d’être là, seul, comme un écho de ma toute première nuit dans le pays un an plutôt à Byron Bay, où je m’étais aussi assis seul sur la plage pour contempler le coucher de soleil. J’avais vécu tant d’aventures, exploré tant d’endroits et rencontré tant de personnes au cours des douze derniers mois qu’il était extrêmement compliqué de laisser tout cela derrière moi. Je savais déjà que j’allais revenir plus tard, mais cela ne rendait pas cette soirée moins triste pour autant… Les émotions de ce moment vont rester gravées en moi pour toujours et trois ans plus tard je n’ai pas oublié la profonde nostalgie de ces dernières heures, tout comme je n’ai pas oublié l’extraordinaire sentiment de liberté de cette première nuit à Byron Bay il y a quatre ans. Mais qui sait, peut-être aurais-je une nouvelle occasion de retourner vivre en Australie à l’avenir ?

darwin-mindil-beach-sunset-australia-map

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