Souvenirs de voyage : mon arrivée à Melbourne

Octobre 2016. Après trois mois de road trip sur la côte est australienne, j’arrivais à Melbourne avec l’intention de m’y installer et d’y rester quelques mois. Je ne savais pas encore que j’allais absolument adorer y vivre et y travailler, au point de sérieusement envisager m’y installer définitivement. Quatre ans plus tard, j’avais envie de raconter l’histoire de ces premiers jours, faits de hauts et de bas, avec des moments de bonheur et des cruelles déceptions, qui allaient finalement m’amener à littéralement tomber amoureux de la ville. Merci Melbourne pour toutes ces émotions et à bientôt j’espère !

📷 Pour plus de photos, allez voir mes différentes galeries d’images de Melbourne.

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Je suis arrivé à Melbourne le 29 septembre 2016, exactement trois mois après avoir atterri à l’aéroport de Coolangatta sur la Gold Coast dans le Queensland, d’où j’avais débuté mon aventure australienne. En-dehors de deux semaines à travailler dans une exploitation de fraises près de Brisbane, qui n’était pas une expérience des plus agréables (j’en ai parlé dans mon précédent article « Souvenirs de voyage : le travail en ferme en Australie »), j’ai passé l’essentiel de ces trois mois à voyager le long de la côte est à bord d’un van que j’avais acheté à Cairns. Je suis passé par certains des plus beaux endroits qu’on puisse imaginer : Mission Beach, Magnetic Island, la Grande Barrière de Corail, Cape Hillsborough et ses kangourous sur la plage… Mais aussi formidable ait été ce voyage, au bout de trois mois sur la route je sentais qu’il était temps que je m’arrête quelque part pour un petit moment. Ce « quelque part » allait être Melbourne.

Après avoir suivi la côte Pacifique jusqu’à Sydney, je suis passé par les Blue Mountains pendant deux jours, puis je suis resté à Canberra pour une nuit. Il me restait encore près de 700km jusqu’à Melbourne, ce qui me semblait trop long pour un seul trajet ; je décidai donc de diviser le trajet en deux et de rester pour une nuit à Shepparton, à deux heures au nord de ma destination. Ironiquement, c’est là que j’allais travailler dans un verger quelques mois plus tard, avec de bien meilleurs souvenirs que pour ma première expérience en ferme. Je prévoyais d’arriver à Melbourne en fin de matinée, d’y garer mon van et de rejoindre l’auberge de jeunesse que j’avais réservé pour la première semaine.

Tout ne se passa pas exactement comme prévu. A mi-chemin entre Shepparton et Melbourne, une désagréable odeur de brûlé se répandit dans l’habitacle. Il me fallut quelques minutes pour me rendre compte que cette odeur venait de mon van lui-même ! Je sortis de l’autoroute et m’arrêtai à un garage dans le premier village sur mon chemin, Seymour. Le diagnostic était sans appel : une pièce ne fonctionnait pas et mon moteur était en surchauffe. Il allait falloir au moins quatre ou cinq jours pour changer la pièce en question. Heureusement, il y avait une gare à Seymour : je laissai mon van au garage, empaquetai un maximum d’affaires dans mon sac à dos et arrivai enfin à la gare de Southern Cross à Melbourne au milieu de l’après-midi.

Cette fin de parcours inattendue n’aidait pas, mais je fus plutôt déçu des vingt minutes de trajet à pied entre la gare et mon auberge. J’avais entendu tant de compliments élogieux sur Melbourne, considéré comme la ville la plus agréable à vivre au monde, mais tout ce que je voyais c’était des immeubles ternes et un trafic dense. Il allait me falloir un peu de temps pour réaliser que ce n’était pas un endroit qu’on pouvait appréhender en quelques jours seulement. Il faut de la patience pour apprécier l’atmosphère unique de ces ruelles et quartiers.

Mais mon premier week-end à Melbourne contribua pour beaucoup à l’amour que j’ai pour cette ville. J’y passais l’essentiel de mon temps avec Kate, une amie qui y vivait et que j’avais rencontrée des années auparavant en Suisse. Le vendredi soir, elle m’entraina dans certains de ses endroits préférés, y compris dans plusieurs bars cachés, une spécialité de Melbourne. Le Goldilocks et sa terrasse en surplomb de Swanston Street, Pizza Pizza Pizza, un lounge confortable derrière une vente à emporter de pizzas, The Swamp Room, une petite pièce sombre uniquement éclairée par des guirlandes lumineuses derrière un bar à cocktails… J’allais devenir un fan absolu de ce genre d’endroits : il y en a bien d’autres partout en ville, et c’était chaque fois un immense plaisir de pousser la bonne porte conduisant à un autre lieu improbable, toujours décoré avec goût et où les boissons étaient délicieuses (bien que souvent chères).

melbourne-swamp-room

C’était aussi un week-end important pour beaucoup de Melbourniens : celui de la finale du championnat du football australien, « l’Australian rules football », qui se déroule traditionnellement au Melbourne Cricket Ground devant une foule de plus de 100 000 personnes. Kate m’avait invitée à venir voir le match avec elle, sa compagne et ses parents ; c’est toujours le seul et unique match de « footy » que j’aie vu à ce jour, mais il m’avait beaucoup plu, même sans toujours comprendre ce qu’il se passait (et je n’essayerais pas de vous expliquer les règles ici !). Les grands favoris cette année-là étaient Sydney : c’était leur troisième finale en cinq ans, tandis que leurs adversaires, les Western Bulldogs (une équipe d’un quartier à l’ouest de Melbourne) n’avaient plus atteint ce niveau depuis 1961. Mais contre toute attente, à l’issue d’un match serré, l’outsider avait réussi à vaincre son rival ! Je suis sorti dans un ou deux bars ce soir-là où j’ai parlé avec quelques fans des Bulldogs, encore émus à en pleurer plusieurs heures après la victoire de leur équipe.

Après cette introduction à Melbourne réussie, j’ai commencé à chercher à la fois un travail et un logement. Lors des deux ou trois semaines suivantes, j’enchainais les bonnes et mauvaises expériences. Je déposais des prospectus dans des boites aux lettres pour une élection locale dans un quartier résidentiel, ce qui fut un travail facile et bien rémunéré. Je m’engageais en tant que « fundraiser » (vous savez, ces personnes qui cherchent à vous convaincre de donner de l’argent pour différentes associations) mais je détestais tellement ce job que je démissionnais dès le premier soir (bien qu’ayant d’après mes collègues fait du très bon travail). Je travaillais à l’accueil d’un « Wine and Cheese Festival », avec dégustation offerte en fin de journée. Et puis je déposais énormément de CVs dans des bars et des cafés, mais en-dehors d’un essai raté et non concluant, personne ne me rappelait. Finalement, trouver un job stable s’avérer très compliqué…

En parallèle, l’auberge où je séjournais était géniale : elle s’appelait le United Backpackers, et elle était parfaitement située près de la Yarra River, juste en face de la plus grande gare de métro et tram de Melbourne, Flinders Street Station. J’y ai rencontré de nombreuses personnes, et notamment quatre Français qui font toujours aujourd’hui partie de mes meilleurs amis : Maya, Quentin, Stefan et Thomas. Je les vois toujours aussi régulièrement que possible, et nous parlons souvent de cette soirée inoubliable que nous avions passé tous ensemble à St Kilda, le quartier balnéaire de Melbourne.

Melbourne, St Kilda, party

De gauche à droite, moi, Thomas, Quentin and Stefan, et deux inconnues croisées dans la rue et venues se prendre en photo avec nous !

Mais cette auberge était assez chère, et comme je n’avais toujours ni travail ni logement, je décidai d’en changer pour une autre moins coûteuse pour les jours suivants. Je compris rapidement pourquoi elle était moins chère : l’intérieur était sale, ni confortable ni accueillant, et j’y ai même vu une souris dans mon dortoir un soir ! Je me suis donc résolu à revenir à United Backpackers, mais l’argent commençait à manquer… surtout à cause de deux grosses dépenses pour mon van. Pendant ce temps, la pièce défectueuse avait pu être changée au garage. Je pris le train pour Seymour et revins au volant à Melbourne, après m’être acquitté de la facture plutôt salée. Je me garais sur une rue d’un quartier industriel proche du centre, mais malheureusement sans prêter assez attention aux panneaux… Quelques jours plus tard, alors que je venais chercher quelques affaires dans mon van, celui-ci avait disparu. C’est alors que je réalisais qu’il était possible de se garer librement dans la rue toute entière… sauf sur une toute petite portion, interdite le dimanche pour je ne sais quelle raison. Il avait donc fini à la fourrière ! Et l’amende pour pouvoir le récupérer était là aussi très élevée. En l’espace d’une semaine, mon van adore m’avait coûté près de mille dollars !

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melbourne-coffee-centre-placePas de travail, une auberge horrible, des dépenses élevées et inattendues : ça commençait à faire beaucoup, et je songeais même brièvement à reprendre la route pour tenter ma chance ailleurs. Mais les jours suivants furent décisifs. Tout d’abord, j’avais remarqué que les Melbourniens buvaient énormément de café, mais j’étais incapable de dire à quoi correspondaient les différentes sortes : long black, flat white, latte macchiato… Je décidai alors de suivre une formation au métier de barista d’une journée pour apprendre comment préparer le café. Le lendemain, je postulais à un poste de barista chez Ladurée, la fameuse compagnie française de luxe célèbre pour ses macarons qui ouvrait une boutique à Melbourne. Le fait que je sache désormais préparer le café (et que je sois Français !) fût un énorme plus, et je fus engagé. Et ce alors que je ne buvais pas de café car n’en aimant pas le goût ! Mais après en préparer chaque jour pour les clients, je finis par en apprécier la saveur, et j’en bois désormais régulièrement.

La même semaine, je trouvais aussi la collocation de mes rêves. Elle se trouvait dans un quartier du nom de Prahran, près de Chapel Street, une rue qui allait vite devenir ma préférée de Melbourne avec ses innombrables bars et restaurants. Douze personnes en tout y vivaient, et j’avais l’impression d’atterrir dans ce film que j’adore, « l’Auberge Espagnole », où le personnage principal passe un an à Barcelone avec des personnes venus du monde entier. Il y avait deux Canadiennes, une Japonaise, une Française, une fille aux origines Thaï et Suédoise, un Néerlandais, un Français, un couple d’Américains… La maison était vieille et un peu délabrée, la cuisine était minuscule surtout considérant qu’elle devait se partager entre douze personnes, mais aussitôt après avoir franchi la porte lors de ma première visite, je sus que je voulais y vivre. Je ne le savais pas encore mais j’allais y passer de nombreux moments exceptionnels avec mes nouveaux colocataires !

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C’est ainsi qu’après ces quelques hauts et bas, ma vie à Melbourne débuta réellement, avec un travail que j’allais beaucoup aimer, des colocataires qui allaient devenir des amis, beaucoup de moments de bonheur inoubliables et suffisamment de temps libre pour explorer cette ville unique, ses ruelles, ses parcs, son street art et ses fresques, et l’incroyable atmosphère de ses différents quartiers. Quatre années ont passé, mais je m’en souviens comme si c’était hier et je n’oublierai jamais ces quelques mois à Melbourne, l’une des meilleures périodes de ma vie.

Melbourne, tu me manques !

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